Le Père Jean FOHRER…

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En ce jour des journées de prière et d’action en faveur des prêtres âgés (2007) permettez-moi de vous adresser
ces quelques lignes.
Ma vocation sacerdotale s’est précisée durant les cinq années passées auprès des jeunes de la paroisse Sainte
Marthe des quatre chemins sur laquelle se trouvait le bidonville de la porte de la Villette où, grâce au rayonnement
des Pères Chapin et Paris je me suis senti. Appelé à m’investir auprès des enfants et des jeunes les plus
démunis.
Ordonné le 22 Avril 1956, j’étais nommé vicaire à la paroisse Saint Hilaire de La Varenne …où, dès mon arrivée,
le Seigneur a, permis que je sois appelé auprès d’une personne âgée vivant dans le plus complet dénuement,
me donnant de découvrir que derrière les belles façades de cette banlieue privilégiée se cachaient bien
des détresses, de sorte que j’ai décidé avec l’aide du Père Mosser et des religieuses de la communauté des
Soeurs Servantes des Pauvres de m’investir plus particulièrement au service des jeunes et des personnes
âgées souffrant de solitude et de manque de reconnaissance.
Six ans Plus tard, 1er Septembre 1962, j’étais invité à rejoindre la paroisse Saint Jean Baptiste de Noisy le Sec
sur laquelle deux lycées, l’un classique, l’autre professionnel, commençaient à se mettre en place.
Chargé par le père Choin d’en assurer l’aumônerie et d’accompagner les oeuvres paroissiales de jeunesse, je
me mis à l’oeuvre, et avec l’aide de parents et d’adultes particulièrement motivés et, très vite, d’un groupe de
grands jeunes habités de solides convictions et d’une grande générosité, l’aumônerie voyait le jour, offrant
aux lycéens un véritable foyer de vie largement ouvert dans lequel chacun se sentait accueilli, écouté et accompagné
suivant ses attentes, tandis que les oeuvres de jeunesse s’étoffaient de, responsables de grande
valeur, au nombre desquels celui qui devait devenir l’actuel curé de Noisy, le Père Guy Paquet.
En 1972, le Père Evêque m’envoie à Saint Denis de Dugny où je devais succéder à un prêtre de grande valeur
et doté de grandes connaissances techniques qui lui ont permis de concevoir et d’accompagner la reconstruction
de l’Eglise et, en même temps, d’une originalité à nulle autre pareille, le Père Blachette. Nous avons réussi
à faire équipe jusqu’à son départ pour la Maison des prêtres âgés, puis en restant en contact avec lui jusqu’à
son retour à la Maison de Père. A Dugny ,j’ai connu des gens merveilleux, dévoués, attentifs, toujours prêts à
répondre aux besoins de ceux qu’ils côtoyaient, ainsi que des groupes de jeunes, enthousiastes et d’une
grande générosité avec lesquels nous avons pu mettre en place nos fameux « camps montagne » Ce sont des
choses qu’on ne peut oublier.
En 1981, nommé à Coubron pour relayer un homme hors du commun, le Père De Bascher qui après avoir vécu
vingt ans, missionnaire en Chine, avait peu à peu transformé en maison d’accueil, l’ancienne école des Soeurs,
une maison qui devait par la suite vivre de profondes transformations mais qui a toujours gardé son caractère
de service et d’accueil, grâce aux nombreux paroissiens qui s’y sont investis, sans jamais mesurer ni leur temps
ni leurs forces. J’ai pu vivre au sein de cette communauté de Coubron, une fraternité palpable et une véritable
communion d’esprit et de coeur qui manifestement appelaient à l’amitié et au partage : et, ça aussi, ça ne
peut s’oublier
En 1992, je rejoignais la communauté de Gagny où m’attendaient aussi un certain nombre d’autres engagements.
J’y ai trouvé une grande compréhension et une certaine « complicité » de la part de tous ceux qui ont
su palier à mes absences pour assurer tout ce que je n’étais plus en mesure de faire. Que de joies et de peines
partagées. Que d’échanges et d’amitié dans un profond respect mutuel et un réel souci de mener à bien la
mission qui nous était confiée. Tout n’a pas été parfait : c’est peut être ce que certains retiendront, mais, je
l’espère, nous pouvons tous nous retrouver dans l’ action de grâce de ce que nous avons pu vivre et faire ensemble,
pour annoncer l’Evangile en actes et en vérité. Que tous soient bien assurés que je les garde dans ma
pensée et ma prière.
Et maintenant me voici en retraite sur le diocèse d’Amiens où, dégagé de toute responsabilité, j’obéis et m’applique
à répondre à toutes les demandes qui me sont adressées, comme autant d’appels venant du Seigneur
pour tenter de demeurer fidèle à la règle de vie que je m’efforce de tenir : « Seigneur, tout ce que Tu voudras,
quand Tu le voudras, et seulement ce que Tu voudras » Fidèle aussi à la prière et â la célébration eucharistique,
en y faisant, chaque jour mémoire de toutes les communautés au sein desquelles il m’a été donné de
vivre et en présentant au Seigneur les intentions qui m’ont été confiées. Je ne peux achever ce modeste récit
sans dire un chaleureux et affectueux MERCI à tous ceux qui, quels qu’en soient la manière ou le moment
m’ont aidé à vivre mon sacerdoce et m’ont soutenu de leur prière.