Vatican II : être engagés au coeur du monde

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Je termine ici ce triptyque de trois billets sur le Concile de Vatican II, le beau texte de « Gaudium et Spes » sur « L’Eglise dans le monde de ce temps.

Comme je l’indiquais, souvent l’Eglise est vue comme hors du temps, conservatrice, n’étant pas en prise avec les « affaires du monde », ou tout simplement avec les soucis et aspirations des hommes et des femmes d’aujourd’hui ; cette critique est courante, mais est tout aussi courant le fait que l’histoire lui donne souvent raison, avec d’autres.

A regarder les événements, à suivre l’actualité, on peut être désespéré en voyant ces conflits qui ne cessent, ces tensions ici et là, ces tensions qui dorment comme la braise et qui n’attendent que l’étincelle pour s’embraser de nouveau.

La vraie paix, nous le savons, dépasse la seule signature au bas d’un traité, mais elle nécessite des changements fondamentaux dans les rapports internationaux, les relations à l’intérieur des Etats, que les coeurs de chaque homme et de chaque femme changent.

Et que change ce qui fait la vie chaque jour.

Certes, à une première lecture, ce passage repris ici semble ne s’adresser qu’aux catholiques, au plus aux chrétiens ; mais il s’adresse en fait à tout homme et toute femme de bonne volonté.

88.1. Les chrétiens collaboreront de bon gré et de grand cœur à la construction de l’ordre international qui doit se faire dans un respect sincère des libertés légitimes et dans l’amicale fraternité de tous. Ils le feront d’autant plus volontiers que la plus grande partie du globe souffre encore d’une telle misère que le Christ lui-même, dans la personne des pauvres, réclame comme à haute voix la charité de ses disciples.

Qu’on évite donc ce scandale : alors que certaines nations, dont assez souvent la majeure partie des habitants se parent du nom de chrétiens, jouissent d’une grande abondance de biens, d’autres sont privées du nécessaire et sont tourmentées par la faim, la maladie et toutes sortes de misères. L’Esprit de pauvreté et de charité est, en effet, la gloire et le signe de l’Église du Christ.

88.2. Il faut donc louer et encourager ces chrétiens, les jeunes en particulier, qui s’offrent spontanément à secourir d’autres hommes et d’autres peuples. Bien plus, il appartient à tout le Peuple de Dieu, entraîné par la parole et l’exemple des évêques, de soulager, dans la mesure de ses moyens, les misères de ce temps ; et cela, comme c’était l’antique usage de l’Église, en prenant non seulement sur ce qui est superflu, mais aussi sur ce qui est nécessaire.

3. Sans être organisée d’une manière rigide et uniforme, la manière de collecter et de distribuer les secours doit être cependant bien conduite dans les diocèses, dans les nations et au plan mondial.

Partout où la chose semble opportune, on conjuguera l’action des catholiques avec celle des autres frères chrétiens. En effet, l’esprit de charité, loin d’empêcher un exercice prévoyant et ordonné de l’action sociale et de l’action caritative, l’exige plutôt. C’est pourquoi il est nécessaire que ceux qui veulent s’engager au service des nations en voie de développement reçoivent une formation adéquate, et dans des instituts spécialisés.

89.1. ….. Pour encourager et stimuler la coopération entre tous, il est donc tout à fait nécessaire que l’Église soit présente dans la communauté des nations ; et cela tant par ses organes officiels que par l’entière et loyale collaboration de tous les chrétiens – collaboration inspirée par le seul désir d’être utile à tous.

2. Ce résultat sera plus sûrement atteint si, déjà dans leur propre milieu, les fidèles eux-mêmes, conscients de leur responsabilité humaine et chrétienne, travaillent à susciter le désir d’une généreuse coopération avec la communauté internationale. À cet égard, tant dans l’éducation religieuse que dans l’éducation civique, on sera particulièrement attentif à la formation des jeunes.

…..

90.2. Enfin, il faut souhaiter que les catholiques, pour bien remplir leur rôle dans la communauté internationale, recherchent une collaboration active et positive, soit avec leurs frères séparés qui, unis à eux, professent l’amour évangélique, soit avec tous les hommes en quête d’une paix véritable.

Cette paix dont il s’agit peut ne sembler que concerner les relations internationales ; mais c’est aussi chez nous, ici et maintenant qu’elle se construit, prend racine.

 

article paru sur http://direetredire.unblog.fr

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