Vatican II : changer les coeurs pour construire la paix

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Je terminais mon précédent billet sur le « 11 novembre et Vatican II » en disant que la première démarche pour asseoir la véritable paix était que les hommes changent, que leur cœur change.

Poursuivons, si vous le voulez bien, la reprise de ce grand texte du Concile sur « l’Eglise dans le  monde de ce temps, « Gaudium et Spes. »

Si les gouvernants sont responsables du bien commun, s’ils doivent assumer la mission pour laquelle ils ont été élus, ils sont dépendants des opinions, qu’on mesure sans cesse à coup de sondages et ce serait abandon de sa propre responsabilité que de laisser quelques-uns décider (on sait ce qu’il en est).

Pour que les bonnes décisions, les bonnes démarches soient entreprises, un changement fondamental des esprits doit se produire.

Que nous dit « Gaudium et Spes » en la  matière ?

82.3. Que l’on prenne garde cependant de ne point s’en remettre aux seuls efforts de quelques-uns, sans se soucier de son état d’esprit personnel. Car les chefs d’État, qui sont les répondants du bien commun de leur propre nation et en même temps les promoteurs du bien universel, sont très dépendants des opinions et des sentiments de la multitude. Il leur est inutile de chercher à faire la paix tant que les sentiments d’hostilité, de mépris et de défiance, tant que les haines raciales et les partis pris idéologiques divisent les hommes et les opposent. D’où l’urgence et l’extrême nécessité d’un renouveau dans la formation des mentalités et d’un changement de ton dans l’opinion publique.

Que ceux qui se consacrent à une œuvre d’éducation, en particulier auprès des jeunes, ou qui forment l’opinion publique, considèrent comme leur plus grave devoir celui d’inculquer à tous les esprits de nouveaux sentiments générateurs de paix. Nous avons tous assurément à changer notre cœur et à ouvrir les yeux sur le monde, comme sur les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour le progrès du genre humain.

82.4. Ne nous leurrons pas de fausses espérances. En effet, si, inimitiés et haines écartées, nous ne concluons pas des pactes solides et honnêtes assurant pour l’avenir une paix universelle, l’humanité, déjà en grand péril, risque d’en venir, malgré la possession d’une science admirable, à cette heure funeste où elle ne pourra plus connaître d’autre paix que la paix redoutable de la mort. Mais au moment même où l’Église du Christ, partageant les angoisses de ce temps, prononce de telles paroles, elle n’abandonne pas pour autant une très ferme espérance. Ce qu’elle veut, c’est encore et encore, à temps et à contretemps, présenter à notre époque le message qui lui vient des Apôtres : « Le voici maintenant le temps favorable » de la conversion des cœurs « le voici maintenant le jour du salut   ».

83. Pour bâtir la paix, la toute première condition est l’élimination des causes de discorde entre les hommes : elles nourrissent les guerres, à commencer par les injustices. Nombre de celles-ci proviennent d’excessives inégalités d’ordre économique, ainsi que du retard à y apporter les remèdes nécessaires. D’autres naissent de l’esprit de domination, du mépris des personnes et, si nous allons aux causes plus profondes, de l’envie, de la méfiance, de l’orgueil et des autres passions égoïstes. Comme l’homme ne peut supporter tant de désordres, il s’ensuit que le monde, même lorsqu’il ne connaît pas les atrocités de la guerre, n’en est pas moins continuellement agité par des rivalités et des actes de violence.

En outre, comme ces maux se retrouvent dans les rapports entre les nations elles-mêmes, il est absolument indispensable que, pour les  vaincre ou les prévenir, et pour réprimer le déchaînement des violences, les institutions internationales développent et affermissent leur coopération et leur coordination ; et que l’on provoque sans se lasser la création d’organismes promoteurs de paix.

Certes, la volonté de conquête, d’extension de territoires sont causes de guerres ; la folie de dirigeants aussi.

On sait qu’une des causes des conflits trouve son terreau sur la pauvreté, les injustices : nous aborderons cet aspect dans le troisième et dernier billet concernant « Gaudium et Spes. »

En attendant, bonne lecture.

 

(article paru dans http://direetredire.unblog.fr