Un étranger au Gabon…

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Père Landry N’NANG EKOMIE

Je n’allais pas au Gabon pour  faire du tourisme et voir les animaux de la foret et je n’ai vu de porc-épic et d’antilope que dans mon assiette. Je venais  au Gabon   pour accompagner Landry N’Nang EKOMIE  en stage chez nous au Blanc Mesnil  et qui retournait chez lui pour y être ordonné prêtre. Vivant  chaque jour avec des africains dans mon quartier des Tilleuls ou  les paroisses ; je voulais voir comment vous vivez chez vous dans vos pays.

Quelle joie pour toute sa famille et la paroisse où il était ordonné. La  grande fête !
La grande fête à Libreville

L’ACCUEIL AFRICAIN

J’y ai rencontré l’accueil africain, chaleureux. Pas à la manière des maghrébins qui vous tapent  sur l’épaule et vous donnant  du « mon frère » ; mais un accueil ouvert  qui ne refuse jamais le dialogue. Nous avons de la graine à prendre dans nos pays occidentaux.
J’ai été surpris de voir des grilles de protection aux portes des maisons. Nous étions logés chez les spiritains, près de la gare  routière  réputée pour être le quartier le plus  chaud de la ville : je m’y suis promené librement, sans jamais une touche d’agressivité. Et toujours   un accueil direct.

DES TRAVAILLEURS EMIGRES

Parlez à un chauffeur de taxis, il y a de grandes chances qu’’il soit  camerounais.
Les petits commerces  sont tenus par des africains des pays voisins. Les gabonais visent les postes de fonctionnaires. Le pétrole amène de l’argent dans les caisses. La classe au pouvoir  profite grassement  de cette  manne pétrolière .Des miettes pour tous les autres. Il existe cependant des aides financières pour les familles.

UNE PAUVRETE DIGNE

A coté des immeubles des ministères tape à l’œil, quelques quartiers  plus riches et des  des quartiers avec des immeubles comme chez nous ; pour la plupart ce ne sont que de  petites maisons en parpaing  ou de planches  recouvertes de tôles ; jusque dans les bas fonds  régulièrement inondés.  Peu de constructions ; quelques  carcasses de béton non finies.

Les ordures jonchaient  les rues, à cause de la grève des éboueurs. Et de l’eau  au robinet, de temps en temps.

Je n’ai pas rencontré de mendicité. Les gens restent dignes dans leur pauvreté.

LES TRANSPORTS

Les taxis sont nombreux et fonctionnent bien. Avec des embouteillages comme chez nous !
Le président, Ali Bongo, le  fils, a lancé des travaux routiers. Mais, après quelques kilomètres d’asphalte flambant neuf construit par des ouvriers chinois; nous retrouvons  la latérite.

Une ligne de chemin de fer traverse  le pays. J’y ai passé une longue nuit  pour rejoindre Lastourville, à 600kms de la capitale; là  où  est nommé Landry pour sa première mission.

LASTOURVILLE

La ville est située au cœur de la forêt équatoriale, luxuriante; sur les  bords du  fleuve majestueux de l’Ogooué qui  traverse  le  Gabon.

Les bâtiments  de la mission  sont situés  autour d’une grande place; avec l’église, le presbytère, les logements de l’internat dont Landry sera responsable. Et à coté  une école et un collège. A l’occasion d’une messe anniversaire d’un défunt, j’ai rencontré une communauté chrétienne de village, avec  sa chapelle  et son catéchiste. Quelques  maisons  en torchis pour les  plus anciennes ; mais la plupart sont  en planches et toutes  recouvertes de tôles. Les  toits    de  feuilles de palmiers sont devenus rares.
Ces villages sont pour la plupart situés  en bordure de la route, sur une distance de 80 kms. La route n’est goudronnée que depuis un an.

Près de villages, de petits espaces de foret défrichés sont plantés  de bananiers ; quelque fois du café à l’ombre des palmiers ; et les légumes du pays. Comme ils n’utilisent pas d’engrais, après quelques récoltes, ils défrichent une autre parcelle et la foret reprend vite ses droits. L‘essentiel du travail  consiste à se défendre de cette emprise de la forêt.
Il y a très peu d’habitants  dans les forêts; les jeunes ne  restent pas   à cause de  l’inconfort et de l’isolement. Déjà dans  l’année scolaire ils sont placés dans des  familles en ville.

UN MARIAGE TRADITIONNEL

J’ai eu la chance d’y assister. C ‘est le correspondant  de nos fiançailles mais en mieux car il n’est  pas uniquement  matériel; mais il comporte  une dimension culturelle ritualisée. C‘était la première étape, celle de la présentation des familles. Elle était animée par  un oncle de chaque coté. Le premier  a  commencé par une prière  pour que tout se passe dans la  paix. Ensuite ont été présentés   les « géniteurs » ;  puis le père et la mère  qui  sont ceux qui ont élevé l’enfant ; ‘enfin la lignée. Comme ils étaient de 2 ethnies différentes ils ont exprimé   leurs valeurs de vie : les articulations n’étaient  pas les mêmes : une famille était plus urbaine et de classe moyenne ; et l’autre  de la campagne ; cela  avec beaucoup de respect. Les 2 jeunes venaient d’avoir un logement et les deux  ont un travail. Aussi  la dote a été présentée  par la famille du garçon pour dire qu’’ils tiennent beaucoup  à  leur  belle-fille.
Pardonnez- moi ce regard très superficiel. J‘aimerais prolonger avec vous cet échange    pour nous  mieux connaitre dans nos cultures  respectives ; avec  les valeurs de vie que nous mettons  en-avant.

Albert